(Actualisé tout du long avec précisions, contexte, citations)
L'inflation en Grande-Bretagne a ralenti plus que prévu en avril, montrent des données officielles publiées mercredi, mais cette atténuation ne suffit pas à masquer les perspectives difficiles des ménages outre-Manche, sur lesquels le coût global de la guerre en Iran va se répercuter plus tard cette année.
Les prix à la consommation ont progressé en volume de 2,8%en avril sur un an, après +3,3% en mars, du fait à la fois d'un ralentissement de la hausse des factures d'énergie - et de celles d'autres services publics - par rapport à avril 2025 et des mesures mises en place par l'Etat pour réduire les factures d'énergie.
Cette lecture, la plus basse depuis mars 2025, est à comparer à une hausse de 3,0% attendue par les économistes interrogés par Reuters.
La livre sterling a brièvement fléchi face au dollar et à l'euro après la publication des chiffres, avant de se redresser franchement.
Les investisseurs ont également revu à la baisse leurs anticipations concernant une hausse des taux d'intérêt par la Banque d'Angleterre, entraînant une net déclin des rendements des Gilts.
Le 30 ans GB30YT=RR recule de sept points de base à 5,7200%, tandis que celui de son homologue à 10 ans GB10YT=RR perd près de huit pdb pour s'établir à 5,048%.
Le rendement du Gilts à deux ans GB2YT=RR connait quant à lui une baisse de neuf points de base et ressort à 4,415%.
En rythme mensuel, les prix ont progressé en avril de 0,7%, soit également moins que prévu(consensus : +0,9%), après une hausse de 0,7% un mois plus tôt.
L'inflation dite de base, quant à elle, ressort à +2,5% sur une base annuelle et à +0,7% sur une base mensuelle, après respectivement +3,1% et +0,4% et des consensus à +2,6% et +0,8%.
"Malheureusement, cette amélioration devrait être de courte durée, car les répercussions du conflit au Moyen-Orient ne cessent de s'amplifier, les prix des carburants enregistrant leur plus forte hausse depuis la guerre en Ukraine", a déclaré Anna Leach, économiste en chef chez l'Institute of Directors.
La hausse prévue de l'inflation, attendue à environ 4% par les économistes, accentue la pression sur le Premier ministre Keir Starmer, déjà confronté à d'intenses pressions au sein de son parti visant à le convaincre de quitter le pouvoir.
Londres fixe le montant des factures d'énergie des ménages au moyen d'un plafond tarifaire trimestriel établi par le gouvernement, qui a baissé en avril, ce qui a limité le taux d'inflation alors même que les prix mondiaux évoluaient dans le sens inverse.
La plupart des prévisionnistes, dont le Fonds monétaire international, s'attendent toujours à ce que la Grande-Bretagne termine l'année 2026 avec le taux d'inflation le plus élevé du G7.
(Rédigé par Augustin Turpin, avec Andy Bruce et Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

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